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Qu’est ce que la violence médicale et plus particulièrement gynécologique ?

La violence médicale, physique ou verbale au sein de la PMA

Aujourd’hui, j’ai envie d’aborder la violence médicale physique et verbale au sein de la PMA, lorsque j’ai commencé à écrire l’article, je voulais mettre en avant  la violence médicale en lien avec le poids, mais j’ai reçu des témoignages de violence médicale qui ne sont pas toujours liés au poids, par exemple à la douleur, à la maladie…

Alors je me suis dit non, que je ne pouvais pas ne pas en parler alors j’ai donc élargi le thème de l’article sur les différents aspects de la violence. Pendant le parcours d’aide à la procréation, il n’est pas rare d’être confronté à l’humiliations, l’indifférence, l’insensibilité, du professionnel de santé. Une bienveillance qui est parfois minime ou même inexistante.

La violence verbale comme physique est présente. 

Qu’est-ce que la violence médicale ?

C’est tout d’abord le fait que votre médecin ne vous respecte pas en tant qu’individu. Il ne va pas vous écouter, vous coupera la parole, va vous faire des critiques. Le médecin est là pour vous écouter, vous soigner, répondre à votre demande de soin avec respect et non de vous juger. Et puis il y a également la violence qui désigne tout comportement, acte, qui n’est pas justifié médicalement parlant ou sans le consentement libre et éclairé de la patiente.

Quand un mot blesse, il y a violence.

Quand j’ai fait l’hystérosalpingographie, on m’a laissé sur la table 30 minutes les fesses à l’air et les jambes écartées à attendre le médecin… J’ai eu très mal pendant l’examen et la manipulation, elle m’a dit de ne pas me plaindre… Mais moi, j’avais mal, je me suis sentie humiliée.

Lors d’un examen de contrôle pour vérifier l’évolution de mes follicules lors d’une FIV, l’échographe me demande de me déshabiller complètement alors que c’était une échographie pelvienne, pourquoi avoir eu besoin de me voir nue ? Je lui ai dit que c’était une écho pelvienne que je n’avais besoin d’enlever seulement mon bas, non, il insista !

La parole des femmes s’est libérée, et dénonce de plus en plus ces violences.

« Il y a trop de graisse, je ne vois pas bébé », et lorsque ma fille est morte, on m’a dit que mon poids en était responsable.

La douleur vient du fait que les mots nous touchent dans notre intégrité. Ces femmes se sont senties humiliées.

Une fois, je suis allée chez mon généraliste, je lui ai dit que je m’étais mise au jogging, que ça m’aiderais pour perdre du poids. Et la, il me sort  » ce n’est pas courir 2 fois par semaine qui vous ferrons maigrir, c’est ce que vous mangez ! » mais il ne m’avait jamais demandé mon alimentation. On me demande de maigrir, mais on ne me propose pas de solution.

Alors effectivement, le médecin peut conseiller, dire une vérité sur notre état de santé, mais ne faut-il pas le faire avec bienveillance ? Proposer des solutions aux patients afin de l’aider. Il y a l’art et la manière de dire les choses, certains médecin se permettent de donner une information avec une telle violence de verbalisation si puis-je dire. 

« Vous êtes tellement grosse, il va falloir abandonner l’idée d’être enceinte. »

Mon biologiste m’a dit que se serait bien que je perde du poids, j’ai répondu que oui, j’aimerais bien, mais je n’y arrive pas malgré une alimentation correcte alors oui, je grignote parfois, mais pas de fou ! Je suis contre les régimes et la, il m’a répondu  » j’ai qu’une chose à vous dire, il n’y a pas de gros à Auschwitz !  » Donc je dois m’arrêter de manger et m’affamer ?

Lorsque j’ai échangé avec ces femmes par rapport à la perte de poids, toutes sont motivées et on le désire d’avoir une meilleure santé, mais concrètement que propose t-on à ces femmes ? Le corps médical n’est il pas là pour orienter, proposer des solutions concrètes pour optimiser les chances de tomber enceinte ? 

« Il faudrait peut-être songer à maigrir ma petite dame ! » Ou bien « faut se mettre au sport ! » Alors que je venais de lui dire que j’en faisais 5 jours sur 7.

Je pense que le professionnel de santé n’est pas toujours conscient qu’une remarque déplacée peut traumatiser. Il faudrait davantage former le personnel soignant avec des cours d’empathie par exemple, c’est une méthode très utilisée au Danermak.

Alors même si parfois la remarque n’est pas faite avec une pensée de détruire ou rabaisser l’autre elle n’est pas pour autant acceptable. Il faut aussi se mettre à la place de cette patiente qui vient, car elle n’arrive pas à concevoir un enfant, elle éprouve déjà une souffrance si en plus de cela vient se greffer des remarques violentes ou des gestes obstétricales violent sans aucune bienveillance et douceur, il est évident que cela va générer un traumatisme. 

Après deux mois et demi d’hospitalisation après un traitement de FIV, nous avons mis plusieurs mois à nous relever. Lorsque nous avons décidé de retenter notre chance, nous cherchions un autre protocole et nous avons voulu rencontrer d’autres médecins, y compris en Belgique. L’un d’eux m’a expliqué qu’il n’existait pas d’autres alternatives et que je devais serrer les dents et arrêter de faire la chochotte. Je me suis effondrée, en larmes, car la problématique venait de mon mari et qu’aucun médecin n’arrivait à comprendre l’origine de mes réactions trop fortes aux traitements. En sanglotant, je lui ai alors répondu : « Donc vous êtes en train de me dire que si je ne peux pas reprendre les traitements, je n’aurais jamais d’enfant ? « Et elle m’a répondu : « Oui, mais à qui la faute !« . Heureusement, nous avons ensuite rencontré d’autres médecins bien plus à l’écoute et qui ont su nous proposer d’autres protocoles, mais cette expérience nous a marqué à jamais avec mon mari…

Que peut-on faire face à cette violence en tant que patient ? 

Ne pas se laisser faire ! Tout d’abord, vous devez imposer vos limites avec une phrase simple mais forte  » Non ! Je n’accepte pas » et puis vous pouvez sortir sans payer votre consultation, on peut porter plainte également s’il y a une infraction au code de déontologie, il existe aussi des associations qui par votre témoignage en anonyme  dénoncent, je peux citer dans le cadre de la PMA l’association IRAS (Institution de recherche et d’action pour la santé des femmes : https://www.irasf.org/2018/06/12/tout-va-bien-se-passer-violences-gynecologiques-pma/ )

Pour finir, je tiens à remercier ces femmes qui ont bien voulu témoigner et briser le silence. 

N’oubliez pas se faire respecter, c’est aussi une manière de prendre soin de soi et d’amour-propre !

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